Identités liminales: hommes des Caraïbes ayant des rapports sexuels avec des hommes à Londres, Royaume-Uni

Résumé

Les récits de 10 hommes des Caraïbes qui ont des relations sexuelles avec des hommes vivant au Royaume-Uni les révèlent être des êtres liminaux aux identités instables et non résolues. Ils sont entre états sociaux: conscients qu’ils ne sont pas hétérosexuels et qu’ils ne sont pas reconnus publiquement, ou dans certains cas acceptés par eux‐mêmes, comme homosexuels. Les répondants nés dans les Caraïbes souffrent particulièrement d’homophobie, exprimant des regrets et une déception face à leur sexualité. Ils peuvent également éprouver une dissonance cognitive – car ils sont conscients de leur conflit avec l’ordre hétéronormatif – qu’ils ne peuvent pas résoudre. La religion contribue à l’homophobie et à la dissonance cognitive, en particulier chez les hommes nés dans les Caraïbes, dont certains peuvent croire qu’il existe un conflit fondamental entre le christianisme et l’homosexualité. L’hétérosexisme et l’homophobie contribuent et renforcent leur état liminal, en empêchant la transition vers un statut homosexuel publiquement reconnu. Les répondants peuvent exercer des activités de police privées et publiques, internes et externes, ouvertement et secrètement sur leur comportement et celui d’autres hommes gais: par une prétention stratégique à l’hétérosexualité et / ou une condamnation des hommes se livrant à un comportement identifiable comme stéréotypé homosexuel, par exemple. Narratives point to the need to complexify the conventional understanding of Jamaican heterosexism to explain reported variations in the degree of anti‐homosexual hostility in the country.

Résumé

Les récits de 10 hommes originaires de la Caraïbe, ayant des rapports avec des hommes et vivant au Royaume Uni, révèlent que ces hommes sont des personnes liminales, avec des identités instables et non résolues. Ils évoluent d’un état à l’autre : conscients qu’ils ne sont pas hétérosexuels, et non reconnus publiquement ou, dans certains cas, ne s’acceptant pas en tant qu’homosexuels. Les répondants natifs de la Caraïbe sont ceux qui souffrent le plus de l’homophobie et expriment des regrets et de la déception par rapport à leur sexualité. Ils peuvent aussi expérimenter une dissonance cognitive – conscients qu’ils sont de leur situation conflictuelle par rapport à l’ordre hétéronormatif – qu’ils ne peuvent résoudre. La religion contribue à l’homophobie et à la dissonance cognitive, en particulier pour les hommes nés dans la Caraïbe, dont certains peuvent croire qu’il existe un conflit fondamental entre le christianisme et l’homosexualité. L’hétérosexisme et l’homophobie contribuent à leur état liminal et à renforcer celui‐ci, en empêchant leur transition vers un statut d’homosexuel reconnu publiquement. Les répondants peuvent se livrer à un contrôle, en privé et en public, interne et externe, manifeste et secret, de leurs comportements d’hommes gays et de celui d’autres hommes gays : par exemple, en employant la stratégie de prétendre qu’ils sont hétérosexuels et/ou de condamner les hommes dont les comportements sont des stéréotypes de comportements homosexuels. Les récits mettent l’accent sur la nécessité de complexifier l’explication conventionnelle de l’hétérosexisme jamaïcain, afin d’expliquer les variations des degrés d’hostilité envers les homosexuels dans ce pays.

Résumé

Les récits de 10 hommes des Caraïbes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes vivant au Royaume-Uni révèlent qu’ils sont des êtres liminaux aux identités instables et non résolues. Ces hommes sont entre différents états sociaux: ils sont conscients qu’ils ne sont pas hétérosexuels, mais la société ne les reconnaît pas comme homosexuels ou, dans certains cas, ils ne s’acceptent pas eux-mêmes comme tels. Les personnes interrogées nées dans les Caraïbes souffrent principalement d’homophobie et font preuve de remords et de déception quant à leur sexualité. Comme ils sont conscients de leur conflit avec l’ordre hétéronormatif, ils peuvent également souffrir de dissonance cognitive, qu’ils ne peuvent pas résoudre. La religion contribue à l’homophobie et à la dissonance cognitive, en particulier chez les hommes d’origine caribéenne, dont certains pourraient croire qu’il existe un conflit fondamental entre le christianisme et l’homosexualité. L’hétérosexisme et l’homophobie contribuent et renforcent l’état liminal en les empêchant de devenir publiquement reconnus comme homosexuels. Parfois, les personnes interrogées se livrent à un examen privé et public, interne et externe, ouvert et couvert de leur conduite et de celle des autres, en tant qu’hommes homosexuels: par exemple, en prétendant stratégiquement être hétérosexuels et / ou en condamnant les hommes qui adoptent des comportements pouvant être identifiés comme stéréotypés homosexuels. Les histoires suggèrent qu’il est nécessaire de comprendre la complexité qui existe au-delà du concept conventionnel d’hétérosexisme jamaïcain pour expliquer les variations des histoires concernant l’hostilité anti-homosexuelle dans le pays.

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